Dans les premières heures qui suivent l’annonce d’un conflit au Moyen-Orient, un spectacle silencieux mais bien organisé se met en marche : tandis que les populations ordinaires restent exposées aux bombardements, aux pénuries et à l’incertitude, une partie des élites fortunées – oligarches iraniens, hommes d’affaires liés au pouvoir, grands notables et fortunes arabes – quitte précipitamment la région. Munis de passeports multiples, de balises a contenu précieux, de comptes bancaires internationaux et de réseaux financiers mondialisés, ils prennent la direction de villas sécurisées et de suites luxueuses à Londres, Paris, Genève ou New York City. Derrière eux restent les villes inquiètes, les marchés fermés et les citoyens ordinaires qui n’ont ni avion privé ni comptes offshore pour fuir la tempête. Lorsque la poussière retombe et que les armes se taisent, ces mêmes acteurs reviennent souvent pour reprendre leurs positions économiques et politiques, relançant les mécanismes de prédation et d’enrichissement qui ont précédé la crise. Cette dynamique soulève une question douloureuse : pourquoi, dans de nombreux pays européens, l’histoire collective a souvent montré des citoyens revenant défendre leur patrie lorsque celle-ci est menacée, alors que dans certaines régions du Moyen-Orient, une partie des élites semble considérer l’État comme un simple terrain d’exploitation temporaire ? Derrière ce contraste se cache un débat plus profond sur la nature du contrat social, la responsabilité des élites et le sentiment d’appartenance nationale, qui amène certains observateurs à se demander si les peuples ne sont pas parfois dominés non par des puissances étrangères, mais par leurs propres élites déconnectées
2026-03-05
