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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 17)
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  • en réponse à : rss infomarocplus by el mimouni #815
    elmimouni
    Maître des clés

    Usa Iran: dernier recours, l’invasion balkanisée

    Usa Iran: dernier recours, l’invasion balkanisée


    une combinaison de manœuvres indirectes, de pression psychologique et de déséquilibre stratégique. Car, malgré ses faiblesses structurelles, …engagement durable et couteux

    en réponse à : Youtubeurs Marocains viraux et verreux #810
    elmimouni
    Maître des clés

    أوقفوا الاستعارة التي تستهدف تقسيم الشعب المغربي
    حفنة من صحفيي اليوتيوب الزائفين
    إن المواضيع الخبيثة تعرض الجمهور المغربي للفكر السلبي بقصد الإيذاء من خلال اجترار هراء يستهدف الأمل على المدى الطويل في إثارة شرخ الشعب أو حتى تمرده. إن سلوك هؤلاء الأشخاص يصل إلى حد الخيانة، خاصة وأن محتواهم معبأ بطريقة تخلط بينه وبين الوطنية. إنهم في كل مرة يسلطون الضوء على تدهور القيم والإنجازات بطريقة تصيب وطنية المواطنين وارتباطاتهم ببلدهم. إن تشويههم المتكرر للبلد والمؤسسات والمنجزات
    الذي لا أساس له من الصحة يمكن أن يعرض تماسكنا الاجتماعي للخطر لأنهم غارقون في الكراهية
    تمتد حرية التعبير في بلدنا أكثر بكثير مما هي عليه في العديد من الديمقراطيات وتتسامح مع النقد المعقول والبناء في إطار يعتبر طبيعيًا مثل النقاش العام والمشاركة المدنية، ومع ذلك، يستهدف YouTube هؤلاء فقط الإجراءات التي يمكن أن تضر البلاد في التأثير من خلال العدوى السلبية من خلال هذه المحاولة اليومية لتقويض أسس مجتمعنا وترسيخ وتنمية رفض انتماءنا.
    وليس من الضروري أن نكون محترف لتعريف انتقاداتهم بأنها مستقطبة للرأي العام تستهدف تقسيم المواطنين والإضرار بالتماسك الاجتماعي، وهذا يدفعنا إلى التساؤل عن غياب السلطات عن تطبيق القانون الذي يحمي سلامة الوطن. ولكن أيضًا إخضاع إصدار بطاقات الصحفيين للمواطنين الذين يستحقون الانتماء إلى هذا البلد فقط.
    إن هذا السلوك الاحتيالي المتمثل في تعريض أنفسنا بشكل يومي لإيقاع الرسائل السلبية المتكررة يزيد من تفاقمنا ويجعلنا نخشى فقدان قيمنا الموروثة وسمعة وطننا لأن النشر المستمر لنفس مصدر هذه الرسائل السلبية والمثيرة للقلق تغمرنا بخيبة الأمل وتضللنا من خلال تأكيد التحيزات المثيرة للقلق التي تهدف إلى تقويض ثقتنا في أن السلطات غير قادرة على الإدارة وهي المسؤولة عن الإخفاقات.
    هؤلاء الصحفيون ومستخدمو اليوتيوب المزيفون لا يخفون مشروعهم بل ويجدون متعة في مشاركته،
    حالة تكرار قطرات الماء على الصخر والتي تنتهي بتكسرها أو تآكلها هي شعارهم كما ترون في هذا الفيديو

    en réponse à : Youtubeurs Marocains viraux et verreux #809
    elmimouni
    Maître des clés

    Stoppez la métaphore ciblant la fissuration du peuple Marocain
    Une poignée de pseudo Youtubeurs journalistes
    malveillants soumettent le publique Marocain au martellement negative avec l’intention de nuire par la ruminance des balivernes ciblant l ‘espoir a la longue d’initier la fissure du peuple voir sa mutinerie. Le comportement de ces gens frolent la trahison surtout que leurs contenus sont emballés de manière a se confondre avec le patriotisme. Ils mettent en avant a chaque fois la dégradation des valeurs et des acquis de manière a infecter les liens et attachements des citoyens a leur pays. Leurs dénigrements infondés et repetitifs pourraient mettre en danger notre cohesion sociale car ils sont imbibés de haine.
    La liberté d’expression dans notre pays est etendue bien plus que dans de nombreuses démocraties et tolère la critique raisonnable et constructive dans un cadre considéré normale comme débat public et engagement civique, cependant ces Youtubeurs visent uniquement les actions qui pourraient porter préjudice au pays en influençant par infection negative la perception que les citoyens ont de leur pays par cette tentative quotidienne de saper les fondements de notre société et y faire regner et développer le rejet de notre appartenance.
    Il n’est pas necessaire d’etre un professionnel pour identifier leurs critiques comme polarisateur de l’opinion publique ciblant la division des citoyens et la nuisance a la cohesion sociale, cela nous pousse a se demander cet absence des autorités a ap pliquer la loi qui protège l’intégrité du pays mais aussi a soumettre la delivrance des cartes de journalistes aux seuls citoyens dignes de leur appartenance a ce pays.
    Ce comportement frauduleux de nous exposer au quotidien au rythme répétée des messages négatifs nous exacerbe et nous fait craindre la perte de nos valeurs heritées et la renommée de notre pays car la diffusion constante de la meme source de ces messages négatifs et alarmistes nous accablent de desillusions et nous induit en erreur par la confirmation des préjugés alarmants qui visent a eroder notre confiance que les autorités sont incapables de gerer et sont responsables des echecs.
    Ces faux journalistes et Youtubeurs ne cachent pas leur projet et trouve meme du plaisir a le partager,
    le cas des gouttes d’eau repetitives sur la roche et qui finiront par sa cassure ou erosion est leur embleme
    L’analogie des gouttes d’eau répétitives sur la roche est une métaphore efficace pour illustrer comment une pression continue, même si elle est minime, peut avoir un impact significatif sur le long terme. Cette métaphore s’applique ici pour :
    – miner la résistance psychologique des citoyens.
    – L usure progressive qui mène au désespoir
    -Ces critiques accumulées au fil du temps catalysent les changements sociaux souvent provoquant des accumulations de mécontentements et frustrations.
    Nous insistons sur le fait qure les autorités doivent agir d’urgence pour priver ces vulgarisateurs de la verité sociale au Maroc des des mécanismes de soutien pour contrer les effets négatifs de leurs messages tout en regrettant douloureusement l’octroi de sommes d’argent emanant de denier publique a leurs supports au meme titre que les journaux citoyens.

    en réponse à : الميموني يجيب علي رسالتك #806
    elmimouni
    Maître des clés

    pour elmerkaoui et ilyas  

    ترزن ياهادا ـ أنا أستغرب إستحمارك لمتتبعيك منبع خبزك اليومي ـ الي متي ستكذبن علي المغاربة ـ عوض تصدير الغاز والبترول كما تقولون فمعضمنا يبحث عن الماء له ولحيواناته أما الطاقة فنحن نستورد أكثر من 2 مليار كيلو من الأزبال الأوروبية والعجلات المطاطية الممزقة لتمكيننا من الإضاءة ـ تمهل يا هادا ولا تضحك علي البشر لتميل حسابك البنكي معتمدا علي التفاهات لأنك غير قادر علي بث محتوي لائق

    en réponse à : Maroc : Logique du réseau radar marocain #774
    elmimouni
    Maître des clés

    Le système multi-couches de défense aérienne (souvent appelé “multi-layer air defense”) est un concept militaire qui consiste à empiler plusieurs niveaux de radars et de systèmes d’interception, chacun couvrant une distance et une menace différente.

    👉 L’idée est simple : ne jamais dépendre d’un seul radar ou d’un seul missile, mais créer un “bouclier en profondeur”.

    Exemple concret (simplifié)
    Un missile est lancé à 300 km
    Radar longue portée le détecte
    Système comme Barak MX est activé
    Si interception échoue → couche courte portée prend le relais

    en réponse à : Sur les pas de Mimran 1950 Maroc Amazigh #760
    elmimouni
    Maître des clés

    Mémoire, transmission et identité – ce que Mimran a retenu
    Avec les années, Mimran comprit que sa vie avait été traversée par plusieurs mondes, et que chacun avait laissé en lui une trace indélébile. Il n’appartenait jamais à un seul espace, à une seule langue, à une seule histoire. Il était né de la terre berbère, nourri par le lait d’une femme juive, formé dans des écoles du protectorat, puis façonné par les ruptures de l’exode et de la catastrophe.
    Ce qu’il avait retenu avant tout, ce n’étaient pas les discours politiques ni les grandes idéologies, mais les gestes simples : une femme qui tend les bras à un nourrisson, un sein offert sans condition, un sac de céréales déposé en remerciement, un maître d’école qui accueille un enfant sans lui demander d’où il vient. Ces gestes avaient construit une fraternité vécue, bien plus solide que les mots.
    Mimran savait que, dans la tradition musulmane, le lait crée une parenté véritable. Il savait aussi que, même si la loi juive ne la codifie pas de la même manière, cette parenté avait existé dans les faits, dans les cœurs et dans les pratiques. Il ne parlait pas des Juifs comme d’une autre communauté, mais comme de frères de lait, liés à lui par l’enfance et la survie. Cette conviction, il la portait sans colère, sans nostalgie excessive, mais avec une fidélité calme.
    La disparition des mellahs, l’exode des Juifs du Souss, la destruction d’Agadir avaient laissé des vides irréparables. Pourtant, Mimran refusait que ces absences deviennent un oubli. Il comprit que transmettre ne signifiait pas idéaliser, mais raconter avec justesse : la pauvreté, la dignité, la peur, l’entraide, les larmes partagées. Il fallait dire la vérité d’un monde dur, mais profondément humain.
    Avec le temps, il raconta cette histoire à ses proches, puis à ceux qui voulaient bien écouter. Il parlait des langues qu’il avait apprises enfant, des écoles disparues, des souks animés, des femmes juives cousant à la lumière faible, des colporteurs parcourant les douars avec leurs ânes, des enfants assis côte à côte sur les bancs du mellah. Il racontait surtout le lait, ce lien invisible qui avait traversé les frontières religieuses et survécu aux ruptures.
    Mimran comprit que son identité ne se résumait pas à une appartenance unique. Elle était faite de strates, de passages, de croisements. Être berbère musulman ne l’avait jamais empêché de porter en lui une part juive, non pas comme une croyance, mais comme une mémoire vivante. Cette pluralité n’était pas une faiblesse ; elle était une richesse silencieuse.
    Aujourd’hui, Mimran sait que son histoire n’est pas seulement la sienne. Elle est celle d’un Maroc ancien, rural et montagnard, où la coexistence n’était ni parfaite ni idéalisée, mais réelle, quotidienne, incarnée. Un Maroc où l’on partageait le pain, le lait, le travail et parfois le chagrin. Un Maroc que le temps, les départs et les catastrophes ont transformé, mais dont la mémoire demeure dans ceux qui ont vécu cette fraternité.
    Écrire, raconter, transmettre : telle est devenue la responsabilité de Mimran. Non pour raviver les blessures, mais pour rappeler qu’avant les séparations, il y eut un temps où les enfants grandissaient ensemble, où les femmes se soutenaient, et où le lait faisait de l’autre un frère.

    Chapitre 6

    Plus de soixante ans se sont écoulés, Mimran a traversé des décennies et vécut des expériences parfois douloureuses mais l’ombre de sa mère de lait ne l’a jamais quitté. Il regrette l’absence de sa photo réelle sur support mais la garde intact dans sa mémoire.
    Sa mère de lait qui acheva sa vie a plus de cinq milles de son lieu de naissance a Tiznit au Maroc n’est plus un lieu précis, ni une adresse, ni une voix au bout du chemin ; elle est devenue un souvenir mouvant, parfois flou, parfois brûlant, qui revenait sans prévenir. Il ne savait plus où la situer dans le monde, ni même si le monde la portait encore, et pourtant elle vivait intacte en lui, dans un geste oublié, une odeur, une façon de prononcer son nom…. Simha L’absence avait effacé les nouvelles, mais la mémoire, elle, refusait d’effacer l’amour, le gardant suspendu dans le temps, comme une présence invisible qui ne l’avait jamais vraiment quitté.
    Mimran garde toujours un lien furtif et fictif avec les Juifs Berbères d’Israél a travers les forums et Chat et regrette que l’abandon de leur pays d’origine le Maroc n’a pas totalemnt permit de les rendre plus heureux.

    La communauté Juive Marocaine en Israel Aujourd’hui
    Les Juifs originaires du Maroc constituent aujourd’hui l’une des plus grandes composantes de la société israélienne. Près d’un million d’Israéliens sont d’origine marocaine , représentant une part importante de la population juive du pays mais les comptages communautaires et les identifications personnelles donnent des chiffres beaucoup plus élevés car ils incluent les générations plus éloignées.
    Intégration sociale et économique
    Lors de l’arrivée massive entre les années 1950 et 1960, beaucoup de Juifs marocains ont été installés dans des villes nouvelles, des zones périphériques ou des moshavim (villages de colonisation) afin de peupler les régions frontières et développer le pays.
    Les premières années ont été difficiles : chômage, emplois peu qualifiés et parfois marginalisation par rapport aux Juifs d’origine européenne.
    Progressivement, leurs descendants ont gravi les échelons socio‑économiques, avec une forte présence dans l’entrepreneuriat, l’immobilier, les professions diverses, et même la haute technologie. La culture judéo‑marocaine a influencé profondément la culture israélienne . Les Plats marocains comme le couscous, le tagine ou la mimouna sont populaires dans tout Israël. Musique, chants sépharades, danses et coutumes ont été intégrés dans le paysage culturel israélien. Certains mots de l’arabe marocain et expressions culturelles sont passés dans l’hébreu parlé par les générations issues de l’immigration.
    Les langues traditionnelles comme le judéo‑marocain ou même le judéo‑berbère ont décliné, mais subsistent chez les personnes âgées et dans des projets de préservation linguistique. La Mimouna, fête de retour des aliments fermentés après Pâque, est devenue un événement célébré largement en Israël, même au‑delà des seules communautés marocaines.
    Les Marocains‑Israéliens ont eu un impact significatif en politique. Plusieurs personnalités d’origine marocaine ont occupé des postes ministériels importants et même des fonctions de premier plan dans la Knesset.
    Malgré leur contribution à la société, beaucoup ont fait face à discriminations sociales et économiques, surtout dans les premières décennies après l’immigration, en raison d’un système éducatif et professionnel inégal ou de préjugés culturels. La normalisation des relations entre le Maroc et Israël depuis 2020 a ravivé l’intérêt pour les racines Marocaines parmi les jeunes Israéliens d’origine Marocaine, ouvrant de nouvelles opportunités de liens culturels et de voyages.

    en réponse à : Sur les pas de Mimran 1950 Maroc Amazigh #759
    elmimouni
    Maître des clés

    1960, Agadir détruite – la fin d’un monde
    La nuit du 29 février 1960 mit fin à bien des certitudes. C’était le mois de Ramadan. Agadir dormait encore, insouciante, quand la terre se mit à trembler. En quelques instants, la ville fut brisée. Ce ne fut pas seulement un désastre matériel : ce fut la disparition brutale d’un monde déjà fragilisé par les départs, les ruptures et les silences accumulés depuis des années.
    Mimran avait alors seize ans. Il se trouvait à Agadir, engagé dans une vie partagée entre l’école et le travail familial. Le lycée Youssef Ben Tachfine, qu’il fréquentait depuis 1958, incarnait pour lui une promesse de continuité, d’avenir possible malgré les pertes de l’enfance. En une nuit, tout cela s’effondra. Les repères disparurent, les rues familières furent méconnaissables, et les voix connues se turent.
    On parla de dix mille morts, de dizaines de milliers de blessés. Mais pour Mimran, les chiffres n’avaient pas de sens. Ce qu’il ressentait, c’était une absence immense, un vide irréversible. Agadir, telle qu’il l’avait connue — ville mêlée de Berbères, de Juifs, d’Européens — n’existait plus. Le tremblement de terre venait clore un long cycle commencé depuis des décennies.
    Les années précédentes avaient déjà arraché à Mimran une grande part de son monde. Les départs massifs des Juifs du Souss avaient vidé les mellahs, fermé les écoles, rompu des liens anciens. Le séisme acheva ce que l’exode avait commencé. Les rares familles juives restées à Agadir quittèrent à leur tour la ville détruite. Les quartiers furent rasés, reconstruits ailleurs, autrement. La mémoire, elle, resta sans lieu.
    Après 1960, plus rien ne fut comme avant. Mimran poursuivit sa route, contraint de s’adapter encore une fois. Il continua à aider ses parents adoptifs dans la commercialisation des huiles, tout en maintenant une scolarité irrégulière, marquée par les bouleversements successifs. Il n’était plus un enfant, mais pas encore un adulte. Il portait déjà en lui plusieurs vies : celle de la fermette berbère, celle du mellah, celle des écoles juives et musulmanes, celle d’Agadir avant la chute.
    Avec le temps, Mimran comprit que le séisme n’avait pas seulement détruit des maisons. Il avait enseveli une coexistence ancienne, fragile mais réelle, faite de voisinage, de travail partagé, de lait donné et reçu. La parenté de lait, les amitiés d’enfance, les bancs d’école mixtes appartenaient désormais à un passé que plus rien ne viendrait restaurer.
    Agadir fut reconstruite, moderne, tournée vers l’avenir. Mais pour Mimran, la ville ancienne demeurait vivante ailleurs : dans les souvenirs, dans les visages absents, dans la voix de sa tante juive, dans les ruelles des mellahs disparus. Le tremblement de terre de 1960 marqua la fin d’un monde, mais aussi le début d’une autre mission, silencieuse : celle de garder vivante la mémoire de ce qui avait existé, et de transmettre une histoire où la fraternité avait précédé la rupture.

    en réponse à : Sur les pas de Mimran 1950 Maroc Amazigh #758
    elmimouni
    Maître des clés

    La vie au mellah – pauvreté, dignité et survie
    Pour comprendre l’enfance de Mimran et les liens profonds qui l’unissaient aux Juifs du Souss, il faut revenir à la réalité des mellahs ruraux entre 1940 et 1955. Loin des images idéalisées ou des récits simplifiés, la vie y était dure, souvent misérable, mais traversée par une dignité obstinée et une solidarité quotidienne.
    À Taroudant, comme à Tiznit ou Tafraoute, le mellah était un quartier à part, resserré derrière ses murs, abritant une population pauvre et laborieuse. En 1953, une enquête officielle décrivait le mellah de Taroudant : cent quatre-vingt-huit maisons pour près d’un millier d’âmes, dont la majorité vivait dans des conditions précaires. Des familles entières — parfois jusqu’à neuf personnes — partageaient une seule pièce. L’espace manquait, l’air circulait mal, et plus de la moitié des habitations ne possédaient aucune véritable fenêtre, seulement de petits orifices laissant entrer un peu de lumière.
    L’eau était rare. Une seule pompe alimentait presque tout le mellah. Les puits privés, quand ils existaient, étaient souvent pollués. Certains servaient de dépotoirs lorsqu’ils s’asséchaient, puis redevenaient sources d’eau sans nettoyage préalable. Les latrines manquaient cruellement ; des terrains vagues faisaient office de lieux d’aisance, favorisant maladies et infections. Les animaux — chèvres, poules, parfois un âne — partageaient souvent l’espace de vie avec les familles, faute d’autre solution.
    Pourtant, la vie continuait. Chaque jour, les hommes se rendaient au souk ou travaillaient dans de petits ateliers sombres : savetiers raccommodant des babouches avec des outils rudimentaires, selliers, ferblantiers, orfèvres gravant patiemment des poignards ou des bijoux d’argent jusqu’à s’abîmer les yeux. Le gain était maigre, parfois deux ou trois francs par jour, juste assez pour nourrir une famille.
    Les femmes, poussées par la nécessité, quittaient le mellah les jours de marché. Enveloppées dans leur haïk blanc, elles s’installaient à l’entrée des fondouks, attendant qu’on leur confie un travail : coudre une djellaba, réparer un vêtement, terminer une farajia avant la fin de la journée. Elles travaillaient pliées sur leurs machines à coudre louées, dans des lieux obscurs, respirant la poussière et la fumée, pour un salaire dérisoire. Beaucoup souffraient de maladies des yeux ou des mains brûlées par la cuisson du pain, préparé à même la maison, sur un feu de charbon.
    Il n’y avait qu’un seul bain public, loin du mellah, que les familles juives fréquentaient rarement . Le bain rituel, installé dans une petite pièce sombre, n’était souvent qu’un bassin d’eau stagnante. Malgré cela, les rites étaient maintenus, les fêtes célébrées, la vie religieuse préservée autant que possible.
    Dans les ruelles étroites, des marchands ambulants étalaient leurs marchandises sur des sacs de chanvre : allumettes, fil, épingles, savon, bougies, henné, sucre. Les clients demandaient peu : un sou de sel, deux sous de fil. Chaque petite pièce glissée dans l’écuelle était une victoire. Le marchand souriait, bénissait ses clients, heureux de pouvoir nourrir les siens quelques jours de plus. Musulmans et Juifs achetaient et vendaient sans hostilité ; la pauvreté était partagée, parfois plus dure encore chez les paysans berbères des environs.
    C’est dans cet environnement que s’enracinait la solidarité entre communautés. Les femmes juives du mellah prenaient en charge les nourrissons berbères pendant que leurs mères travaillaient aux champs. Le lait circulait comme la parole et le pain. Ces gestes, simples et vitaux, créaient des liens durables : des frères et sœurs de lait, des familles élargies par nécessité autant que par humanité.
    Mimran comprit plus tard que cette pauvreté partagée expliquait la force de ces relations. Les Juifs du Souss n’étaient ni des étrangers ni des privilégiés ; ils vivaient la même rudesse, respiraient la même poussière, dépendaient des mêmes saisons. Leur dignité résidait dans le travail, la transmission et l’entraide. Le mellah, malgré son enfermement et sa misère, était aussi un lieu de vie, de mémoire et de résistance silencieuse.
    Lorsque l’exode commença, ce monde fragile s’effondra. Les maisons se vidèrent, les ateliers se turent, les ruelles perdirent leurs voix. Mais dans la mémoire de Mimran, le mellah resta vivant : non comme un lieu de détresse, mais comme un espace où la survie avait un visage humain, où la pauvreté n’empêchait ni la dignité ni la fraternité, et où le lait partagé avait scellé des liens plus forts que l’exil.

    en réponse à : Sur les pas de Mimran 1950 Maroc Amazigh #757
    elmimouni
    Maître des clés

     

    L’exode et la rupture
    Les années passèrent, mais l’équilibre fragile qui liait les communautés commença à se fissurer. Au début des années 1950, le Maroc vivait toujours sous le protectorat français, mais le pays était traversé de tensions nouvelles, diffuses, parfois invisibles. Dans les mellahs du Souss, de Tiznit à Tafraoute, de Taroudant à Agadir, une inquiétude sourde s’installait parmi les familles juives. Elle venait de loin, portée par les récits de la guerre en Europe, par les nouvelles du génocide, mais aussi par des messages venus de l’extérieur, émanant de coreligionnaires déjà partis, appelant à l’émigration vers une terre présentée comme une promesse.
    Les Juifs du Souss vivaient là depuis des siècles. Leur pays, c’était cette terre aride et généreuse à la fois, ces montagnes, ces vergers, ces souks où ils travaillaient aux côtés des musulmans berbères. Pourtant, peu à peu, les mots changèrent, les regards devinrent inquiets. On parlait de départs organisés, de voyages secrets, de promesses de sécurité et d’abondance. Des familles entières commencèrent à vendre ce qu’elles possédaient, parfois pour presque rien. Dans les montagnes, dans les plaines et les palmeraies, des maisons furent abandonnées, des ateliers fermés, des mellahs se vidèrent.
    Mimran, encore enfant, assistait à ces bouleversements sans toujours les comprendre. Il voyait les adultes parler à voix basse, les femmes pleurer en silence, les hommes hésiter entre rester sur une terre connue et partir vers un avenir incertain. Dans le mellah de Talborjt, la rupture fut brutale. En 1952, une grande partie des familles juives quittèrent Agadir. L’école du mellah ferma ses portes. Pour Mimran et ses camarades de classe, ce fut une catastrophe silencieuse. Les bancs se vidèrent, les rires disparurent, et avec eux une enfance partagée.
    La séparation avec sa tante Simha fut la plus douloureuse. Elle était pour lui bien plus qu’une parente par alliance : elle était sa mère de lait, celle qui lui avait donné le sein dans les premières années de sa vie, celle qui lui avait transmis des mots, des histoires, et une part de son regard sur le monde. Mimran l’accompagna une dernière fois dans ses visites aux mellahs d’Aït Ouafka, de Tafraoute et de Tazart, dans la région de Tata. À chaque étape, il voyait les mêmes scènes : des adieux, des embrassades, des larmes, des bénédictions murmurées. Puis ce fut la coupure nette, sans retour.
    À Tafraoute, les Juifs parlaient d’Israël comme d’un lieu mythique, presque irréel. On leur avait promis monts et merveilles, des maisons, du travail, une vie meilleure. Beaucoup partirent convaincus qu’ils reviendraient un jour. D’autres savaient, au fond d’eux-mêmes, qu’ils quittaient leur pays pour toujours. Les départs s’intensifièrent après l’indépendance du Maroc en 1956, lorsque les pressions sociales et politiques se firent plus fortes. Les communautés juives rurales furent parmi les premières à disparaître.
    Les années suivantes furent celles de l’adaptation. En 1957, Charles Simon et son épouse, instituteurs Juifs engagés, fondèrent l’école musulmane d’Agadir, suivie du premier cours complémentaire de l’enseignement secondaire. Mimran y fut inscrit cette même année, avant de rejoindre, en 1958, le lycée Youssef Ben Tachfine, récemment créé. Il se souviendrait plus tard des surveillants généraux, Antoine Pierragi et Raoul Lebbe, figures d’autorité d’une époque encore marquée par l’héritage colonial.
    Mimran poursuivait sa scolarité avec un rendement moyen, partagé entre l’école et le travail familial. En parallèle de ses études, il aidait ses parents adoptifs dans la commercialisation des huiles en gros, apprenant très jeune le sens des responsabilités et de l’effort. Mais malgré ces nouvelles attaches, quelque chose en lui restait tourné vers le passé : les voix du mellah, les gestes de sa tante, les enfants avec qui il avait partagé le lait, les bancs d’une école aujourd’hui fermée.
    L’exode avait laissé derrière lui un vide que rien ne semblait pouvoir combler. Ce n’était pas seulement le départ des Juifs qui marquait cette époque, mais la fin d’un monde où la proximité, la solidarité et la parenté de lait tissaient des liens plus forts que les frontières religieuses. Pour Mimran, cette rupture fut la première grande blessure de sa vie, une blessure silencieuse, faite d’absences et de souvenirs.

    en réponse à : Sur les pas de Mimran 1950 Maroc Amazigh #756
    elmimouni
    Maître des clés

    Mimran, le frère de lait
    Mimran vit le jour le 8 septembre 1943, une année que le Maroc n’oublia pas. Quelques mois plus tôt, en janvier, Roosevelt et Churchill s’étaient rencontrés à Casablanca pour préparer le tournant de la guerre contre l’Allemagne nazie. Deux événements très éloignés l’un de l’autre, pensait Mimran plus tard, mais qui marquèrent le pays : l’un écrit dans les livres d’Histoire, l’autre inscrit dans une mémoire humble, rurale, silencieuse.
    Le Maroc était alors sous le protectorat français. Les villes comme les campagnes étaient administrées par des officiers coloniaux, et le pays sortait lentement d’une longue période de famine et de grande pauvreté. La famille de Mimran, berbère amazighe, vivait pourtant dignement de la terre. Elle exploitait un lopin agricole d’environ un hectare et demi, irrigué grâce à une noria rudimentaire : un système de cordes et de récipients entraînés par une vache, puisant l’eau sur une vingtaine de mètres. Un bassin de trois mètres sur trois se remplissait en deux jours, permettant d’arroser près de trois cents mètres carrés de carottes ou de pommes de terre. Autour des cultures poussaient des figuiers, des orangers, des grenadiers, des vignes, et quelques ruches donnaient un miel rare. Mimran grandit dans cet univers frugal, entouré de nature, sans abondance mais sans misère.
    Le savon était rationné, distribué en petits morceaux contre des bons. Les impôts étaient lourds, les travaux forcés fréquents au profit des colons. C’est dans ce contexte que Mimran passa ses premières années, entre un et cinq ans, aimé de son père, troisième enfant d’une lignée attachée à la terre et au courage silencieux.
    Vers 1944, son père se rendait une fois par an à Tiznit, à dos de mule, pour visiter ses deux sœurs installées dans un village voisin. Le voyage durait une nuit et une partie de la journée. Tiznit était alors une petite ville berbère où cohabitaient paysans, citadins et Juifs, réunis dans une vie communautaire simple, sans que les différences religieuses ne dictent les relations humaines.
    Dans le mellah de Tiznit, comme ailleurs dans le Souss, les femmes juives prenaient souvent en charge les nourrissons de leurs voisines berbères musulmanes, lorsque celles-ci partaient travailler aux champs. Mimran fut l’un de ces enfants pendant quelques jours. Privé de sa mère et du lait de la vache de la ferme familiale, il fut confié à une femme juive du mellah. Elle le prit dans ses bras et lui donna son sein, comme elle le faisait pour ses propres enfants et pour d’autres nourrissons musulmans confiés à sa garde.
    Ainsi, sans que personne n’y voie une transgression, Mimran devint frère de lait des enfants de cette maison. Ce lien, reconnu dans la tradition musulmane, fut respecté par les deux familles. Il resta longtemps enfoui dans la mémoire de l’enfant, mais ravivé chaque année par les visites réciproques entre familles berbères et juives, chose tout à fait normale à l’époque. En 1949, celle qu’il appellerait plus tard sa tante juive lui révéla le secret : il était le frère de ses enfants, lié à eux par le lait. Mimran comprit alors que ce lien, plus fort que les mots, avait traversé les années.
    À trois ans, durant quelques mois, il fréquenta l’école du mellah avec les enfants juifs, sous l’autorité d’un maître juif. Plus tard, il rejoignit la première école construite par le protectorat dans la région, où se retrouvaient des enfants de plusieurs villages. C’est ainsi qu’il apprit très jeune l’arabe  et le français.
    Au début des années 1950, Mimran se retrouva à Talborjt, à Agadir, au sein d’une famille adoptive. La ville était alors un carrefour d’Européens, de Juifs et de Berbères, capitale du Souss Aït Baamrane. Il fréquenta une école crée par une famille Juive située dans le mellah .  Le hasard, une fois encore, le ramena vers ses racines de lait : sa tante juive avait quitté Tiznit pour Agadir, et ses enfants fréquentaient la même école. Cette rencontre fut pour Mimran un soulagement profond ; il portait déjà sur ses épaules une maturité d’adulte, bien qu’il n’eût que neuf ou dix ans.
    C’est auprès de cette tante qu’il comprit pourquoi ses amis juifs portaient une petite coiffe qu’on lui refusait, pourquoi les Juifs exerçaient tous un métier — marchands, forgerons, vétérinaires, colporteurs sillonnant les douars avec un âne et des paniers chargés de savon, de henné, de sucre ou d’épingles. Elle lui parla aussi de la guerre, de Hitler, de la « chasse aux Juifs », des massacres dont il entendait pour la première fois la vérité. Ensemble, ils pleurèrent parfois en silence.
    Puis vint le temps des départs. Au début des années 1950, des pressions multiples poussèrent les Juifs du Souss, des montagnes, des plaines et des vallées à quitter le Maroc, abandonnant leurs voisins berbères dans les larmes. Mimran accompagna une dernière fois sa tante dans les mellahs d’Aït Ouafka, de Tafraoute, de Tazart, dans la région de Tata. Après cela, il ne resta que les souvenirs.
    Ce fut une déchirure pour tous. Ceux qui partaient rêvaient d’un ailleurs mythique ; ceux qui restaient perdaient des frères de lait, des voisins, une part de leur enfance

    en réponse à : Le Maroc s’integre dans son environnement continental #744
    elmimouni
    Maître des clés

    , le Maroc est classé par la Banque mondiale parmi les pays à revenu intermédiaire de la
    tranche inférieure22. Avec un PIB total de 119,49 milliards US$ et un PIB par habitant de 7485,01 US$
    (US$ PPP constants 2011) en 2017, le Maroc est la 5ème économie africaine et le 13ème pays le plus
    riche en revenus par habitant en Afrique (selon le PIB par habitant US$ PPP constants 2011).

    en réponse à : Le Maroc s’integre dans son environnement continental #743
    elmimouni
    Maître des clés

    Le maroc a investit dans le publique

    e Maroc a effectué
    des investissements publics consistants dans le développement humain, notamment dans la santé,
    l’éducation et la nutrition. Ces investissements lui ont permis de réduire sensiblement le déficit en
    matière de développement humain, avec un IDH (Indice de Développement Humain) qui est passé
    de 0,351, en 1980, à 0,491, en 2000, et à 0,667, en 2017 (selon le PNUD). La politique sociale
    mise en place par l’Etat marocain, notamment l’Initiative Nationale pour le Développement Humain
    (INDH), qui est un programme d’envergure nationale visant à lutter contre la pauvreté, la précarité et
    l’exclusion, y a contribué.

    en réponse à : la moisson de Mars 2026 #740
    elmimouni
    Maître des clés

    La raffinerie d’Alger est une raffinerie de pétrole située à Sidi R’cine à l’est d’Alger en Algérie. Construite en 1964, sa capacité de traitement est d’environ 3,645 millions tonnes/an, ce qui en fait la deuxième grande raffinerie d’Algérie, cette raffinerie est actuellement exploitée par Sonatrach

    en réponse à : rss infomarocplus by el mimouni #709
    elmimouni
    Maître des clés

    Enquete , le prix des missiles : La guerre enrichit la France et l’Amérique … abattre un drone coutant 10 milles Dollars par u missile coutant 1 Millions de dollars .. qui gagnera ..le drone ou la victime? https://www.infomarocplus.com/2026/03/26/la-guerre-enrichit-la-france-et-lamerique-enquet-le-prix-des-misssiles

    Sous marins Algériens: Une menace silencieuse au Maghreb et un danger potentiel pour l’Afrique du ord et Gibraltar …. https://www.infomarocplus.com/2026/03/26/sous-marins-algeriens-une-menace-silencieuse-au-maghreb

    Systeme de défense anti aérienne … impossible de survoler la frontière ..6 radars vous detectent et actives une dizaine de lanceurs de missiles portée 400 kms …https://www.infomarocplus.com/2026/03/26/defense-anti-aerienne-maroc-vs-algerie

    en réponse à : le nombre des centres de dialyse au Maroc #277
    elmimouni
    Maître des clés

    🇲🇦 Prix d’une séance de dialyse au Maroc

    👉 Tarifs officiels / conventionnés (AMO / CNOPS) :

    ~850 DH par séance en centre privé ou conventionné pour les patients pris en charge par l’assurance obligatoire.

    ~400 DH à 700 DH par séance dans les hôpitaux publics, selon le type d’établissement.

    👉 Estimation de tarifs en pratique privée (pour patients internationaux ou non assurés) :

    On trouve des **tarifs affichés autour de **100 € à **250 € (~1 100 – 2 750 DH environ) par séance dans certaines cliniques privées de dialyse au Maroc.

    💰 Pour un patient dialysé, cela signifie :

    Avec 3 séances par semaine, environ 2 550 – 7 500 DH par semaine, selon l’établissement.

    👉 Résumé Maroc :

    Public / assurance : ~400 – 850 DH/séance

    Privé international : ~1 100 – 2 750 DH/séance (selon clinique et services)

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 17)